19.9.05

Suênia Medeiros, étudiante

Si moi, dans ma maison, j’ai peur de la pluie, imaginez donc ceux qui vivent dans des cabanes faites en planches !

Se eu na minha casa tenho medo da chuva, imagina quem mora num barraco de tábuas!

Oscar Niemeyer, arquiteto

Une maison de favela, je ne peux pas dire que c’est une oeuvre architecturale. Mais ce que les gens ont pu faire de mieux pour vivre; c’est un toit.

A casa da favela, não vou dizer que seja uma obra de arquitetura. Mas é o que a pessoa pode fazer pra viver, é um teto que a pessoa tem.

Augusto Boal, fondateur du Théâtre de l'Opprimé

Ceux qui disent qu’il faut en finir avec les favelas habitent dans de riches quartiers près de la plage. Mais c’est vrai que le paysage serait plus appréciable s’il n’y avait à la place que des arbres colorés et fleuris. Mais alors, où iraient vivre ceux qui y sont ?

Os que defendem a remoção das favelas são aqueles que moram nos bairros próximos às praias. De fato, é verdade que a paisagem seria mais agradável se houvesse apenas árvores coloridas e floridas. Mas para onde aqueles que vivem na favela?

Janice Perlman, The Mega-Cities Project

Pendent les 30 dernières années, la rivalité entre les differents gangs des trafiquants de drogue et la police ont fait des favelas des endroits dangereux. Surtout pour ceux qui y habitent et risquent tous les jours de mourir sous des balles perdues. Le nombre de morts atteint ainsi des taux alarmants. Cette opposition entre la police et les trafiquants a réduit la vivacité de la vie communautaire.

O que mudou nos ultimos 30 anos é que o tráfico de drogas, a rivalidade entre as facções e as guerras entre estas e a polícia fizeram das faveelas lugares perigosos, especialmente para os moradores, que morrem na linha de fogo a taxas alarmantes. A ocupação das favelas pela polícia e pelos traficantes reduziu a solidariedade e as organizações comunitárias.

Suênia Medeiros, étudiante

Ici dans la favela, nous vivons en permanence dans une ambiance de violence, très différente de la violence qui règne dans les quartiers riches.

Aqui no morro agente tem acesso à violência a todo momento. O tipo de violência que é causada aqui é muito diferente da violência que é causada no Leblon (bairro nobre).

Eron dos Santos, éducateur

Si tu ne connais personne ici, tu ne sais pas si tu peux monter sur la colline ou non.

Se você não tem um conhecido aqui, você não sabe se você pode subir ou não.

Daniela Fabricius, éditrice du magazine d’architecture 32BNY

Dans l’argot de Rio, on appelle “chat” une connexion illégale avec les réseaux d’eau ou d’électricité. À bien y penser le “chat” pourrait être considéré comme l’emblème de la relation entre le formel et l’informel : il n’est pas seulement motivé par la nécessité économique, mais aussi par le manque d’infrastructure organisée par les services municipaux. Le “chat” est, en conséquence, toujours à la limite de ce qui est établi et de ce qui est en construction, entre ce qui est prévu et visible, et ce qui ne l’est plus ou pas encore.

Gatos, literally “cats”, is Rio’s slang term used to describe the unofficial and often illegal connections made to legal sources of water and electricity in favelas and other areas. The gato, if understood as emblematic of the relationship between the formal and the informal, would represent the point of transition from a controlled and regulated network to an “invisible” and undocumented complex. Gatos are not simply constructed out of economic need. In many cases, the necessary infrastructures simply do not exist in spaces that are newly occupied or invaded.

Mauricio Hora, photographe

Faire des photos dans une favela, c’est toujours imposer un double regard. Il est impossible de s’arrêter sur une image sans dénoncer quelque chose.

Fotografar na favela é uma metáfora. Não tem como fazer uma fotos sem denunciar alguma coisa. Tem sempre dois lados.

Suênia Medeiros, étudiante

Pour avoir une jolie maison, on n’a pas besoin d’avoir des choses comme ça : cristal, argenterie...

Pra você ter uma casa bonita não precisa ter aquelas coisas assim... cristais...

Liv Sovik, enseignante de Communication à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro

L’inégalité sociale est une bête sauvage incapable de rester confinée dans une favela. Elle circule dans les rues du monde, aussi bien à Copacabana qu’à Paris.

A desigualdade social é um monstro selvagem que não faz mais a gentileza de ficar no morro, já circula nas ruas de Copacabana, Ipanema e Paris.

Jailson de Souza e Silva, Observatório de Favelas do Rio de Janeiro

Les favelas sont définies par ce qui est supposé leur manquer : carence des services urbains, des équipements publics, d’ordre, de morale et enfin de citoyenneté. À la limite, on les considère comme des espaces parallèles à la ville formelle. On les regarde comme étant des espaces chaotiques.

... as favelas são definidas pelo que “não teriam”. Assim, elas são definidas a partir de uma pretensa carência de serviços urbanos, de equipamentos públicos, de ordem, de moral, enfim, de cidadania. No limite, elas são vistas como espaços paralelos à cidade, ao espaço formal, espaços do caos.

Liv Sovik, enseignante de Communication à l'Université Fédérale de Rio de Janeiro

Les jeunes de la classe moyenne qui montent à la favela par audace, par curiosité ou goût, pour participer à des bals funk, transgressent des frontières invisibles. Certains touristes s’y promènent aussi. Cependant, aucune de ces incursions ne parvient à effacer les délimitations tracées par l’inégalité sociale.

Os jovens de classe média que “sobem o morro” para participar de um baile funk são ousados, atravessam fronteiras visíveis. Também o fazem turistas, em sua maioria estrangeiros, que vão conhecer as favelas. As visitas não extinguem a fronteira traçada pela desigualdade social e racial.

Suênia Medeiros, étudiante

Les gens ont généralement une vision de ceux qui habitent la favela, qui ne correspond pas à la réalité. Ils croient que les habitants d’une favela sont tous des trafiquants, des bandits, des hors-la-loi.

As pessoas geralmente têm uma visão distorcida de quem mora no morro. Acham que quem mora no morro é bandido, traficante, ou não tem acesso maior a outras coisas.

Pamela dos Santos, étudiante

Pour moi, tout est pareil. Peu importe si on habite dans la zone sud, dans
la zone nord ou en banlieue. Quand on meurt, on est tous égaux.

Pra mim tudo é uma coisa só, não importa se você mora na zona sul, na zona norte ou na periferia. Tudo mundo é igual quando morre.

Paulo Knauss, Président de l'ONG Enda Brasil et Université Fédérale Fluminense

La constitution d’une favela est une solution communautaire créée pour résister à un modèle urbain ségrégationniste.

A favela é uma solução para resistir a um modelo urbano que segrega.

Flávio Ribeiro da Silva,instructeur de capoeira

La vue qu’on a d’ici, personne ne l’a. Quand nos amis viennent ici ils sont époustouflés.

A paisagem que agente tem aqui ninguém tem, os nossos amigos quando vêm aqui ficam apaixonados.

Pedro Branco, Président de l’ONG Sparta

Sans opportunité, personne ne peut evoluer. Ici nous ne sommes pas soutenus par le gouvernement. Il n’est pas question de donner une bonne éducation à un habitant de favela.

Se der oportunidade pra pessoa ela cresce. Aqui não tem apoio do governo. Não interessa dar um bom ensino a um favelado.

Maurício Hora, photographe

Si on est attaqué dans une favela et qu’on va se plaindre à la police, ça ne sert à rien. La police n’intervient pas dans les affaires d’une favela. S’il faut se plaindre à quelqu’un, c’est aux trafiquants eux-mêmes.

Se você for assaltado e der parte na polícia, não vai surtir efeito. Aqui, vai ter que dar explicações pras autoridades locais (tráfico). Por isso na comunidade, se você sofre algum tipo de violência, você tem a quem se queixar.

Ana Maria dos Santos, femme au foyer

J’ai un fils de 15 ans et à cet âge, ici dans la favela, il faut être ferme, parce que sinon il va finir par prende une mauvaise voie.

Eu tenho um filho de 15 anos e nesta idade, aqui na comunidade, você tem que ter punho, porque senão vai pro lado errado.

Rafaela Martins, étudiante

La première chose que les gens ressentent lorsqu’ils viennent ici, c’est de la peur.

A primeira impressão das pessoas quando vêm aqui é de medo.

Ana Maria Atanasia, femme au foyer

Ma mère nous faisait travailler. Elle nous faisait transporter de l’eau. Je devais monter avec trois caissons d’eau, un sur la tête et deux dans les mains.

Minha mãe botava a gente pra trabalhar, pra carregar água lata d’água na cabeça. Eu subia com três latas d’água, era uma na cabeça e duas nas mãos.

Janice Perlman, The Mega-Cities Project

La favela, c’est la ville ! C’est la joie, la lutte, l’espoir. C’est la solution pour l’habitation et la solidarité communautaire. On y trouve chaleur humaine et un mode innovant pour survivre dans une société qui a l’un des taux d’inégalité le plus élevé du monde.

As favelas são a cidade! Favelas são alegria, luta e esperança. São a solução para habitação e solidariedade comunitária, calor humano e modos inovadores de sobreviver em uma das sociedades que tem um dos maiores índices de desigualdade social do mundo.

Favelas are the city! Favelas are joy and struggle and hope. Favelas are the solution to housing and community solidarity, human warmth and innovative ways to survive in a society that has one of the highest inequality rates in the world.

Ana Maria Atanasia, femme au foyer

Ici, tous les week-ends, les personnes se réunissent pour boire une bière, un qui boit par ici, un autre plus loin...

Todo final de semana as pessoas se reúnem pra tomar cerveja aqui, um bebe aqui, outro bebe alí.

Sonia Carvalho, ONG Enda Brasil

Dans la zone sud de Rio, l’occupation du sol offre une vision troublante où se mêlent beauté et inégalité. Au coeur des quartiers bien lotis, des myriades de maisons amassées sur les collines forment les favelas, entre l’exubérance de la nature et les habitations opulentes d’une poignée de nantis.

A paisagem urbana do Rio de Janeiro é marcada pela ocupação segregada do território e relações sociais complexas: especialmente na Zona Sul, uma ocupação visualmente chocante, por sua beleza e desigualdade. Habitações numerosas, amontoadas nos morros, formando as favelas, no centro de bairros bem servidos, em meio à exuberância de sua natureza e à riqueza contrastante de um punhado de pessoas.

Paulo Knauss, Président de l'ONG Enda Brasil et Université Fédérale Fluminense

Vivre dans une favela pourrait être tout aussi bon que vivre ailleurs dans la ville. Pour que ceci devienne vrai un jour, notre défi à tous est de faire comprendre que les problèmes de la favela sont aussi ceux de la ville dans laquelle elle s’est développée. Meilleure sera la favela, meilleure sera la ville.

O desafio do nosso tempo é dizer que viver na favela pode ser tão bom quanto em qualquer outro bairro e que os problemas da favela são da cidade como um todo. Quanto melhor for a favela, melhor vai ser a cidade.

Pedro Branco, Président de l’ONG Sparta

Je considère que la politique de le ville de Rio de Janeiro est un échec. Les hommes politiques ne recherchent que le vote des électeurs. Après avoir pris le pouvoir, ils oublient ceux qui les ont élus.

Eu acho um fracasso a cidade do Rio de Janeiro. Os políticos só querem os votos das pessoas. Depois que eles pegam o poder, eles esquecem das pessoas.

Maria das Dores “Dodô”, porte-étendard la plus ancienne du carnaval de Rio de Janeiro

a tout juste eu le temps de courir et de se cacher. Le “caveirão” (grande voiture blindée de la police, littéralement : grand crâne) est monté. La police tirait.

...tava todo mundo na quadra, ninguém gritou. Minha amiga abriu a janela, e foi o tempo de correr e se esconder. O caveirão subiu atirando.

Rosane Svartman, cinéaste

Là où le pouvoir public s’absente longtemps, une autre sorte de pouvoir finit par s’installer, et cela se fait rarement sous une forme pacifique.

Onde não há poder público, alguma espécie de poder se instaura e dificilmente de forma pacífica.

Flávio Ribeiro da Silva, instructeur de capoeira

Rio de Janeiro, c’est trop bien. Je ne partirai d’ici pour rien au monde.

O Rio de Janeiro é muito bom, eu não troco o Rio de Janeiro por nada.

Mauricio Hora, photographe

Il y a ici une guerre non déclarée.

Existe aqui uma guerra não declarada.

Eron dos Santos, éducateur

C‘est quoi une favela? Ce que je considère être une favela, ce sont toutes les zones d’habitations abandonnées par les pouvoirs et l’administration publique.

O que é chamado de favela, só o que está no morro? O que eu considero favelas são as áreas abandonadas pelo poder público.

Alba Zaluar, anthropologue et professeur de l’Université de l’État de Rio de Janeiro

La contrebande et les commerces douteux ont mis dans la main des jeunes, majoritairement les démunis, les armes avec lesquelles ils construisent une nouvelle image d’eux-mêmes, de leur quartier, de la ville et du monde dans lequel ils vivent.

O contrabando e o comércio de armas puseram nas mãos de jovens, principalmente pobres, as armas com as quais passaram a construir novas imagens de si mesmos, do seu bairro, da cidade e do mundo em que vivem.

Mauricio Hora, photographe

Le “favelado”, c’est l’émeutier, le bandit, la racaille qui habite un taudis et qui est pauvre; c’est l’enfant de la rue et le grossier, c’est la lie, le grand mal de la société. Personne ne fait confiance à un “favelado”. Mais quand tu vas au restaurant, la nourriture que tu manges c’est celle faite par le cuisinier “favelado”. Quand tu entres dans un bus, le chauffeur est un “favelado”. Même la maintenance des avions qui vont à Brasilia est faite par des “favelados”. Et tu ne leur fais pas confiance ? C’est bien hypocrite tout ça !

O favelado é o arruaceiro, o bandido, o malandro. É o que mora mal, é pobre, é o menino de rua e o mal educado. É o pior, é a mazela da sociedade. Ninguém confia num favelado. Mas se você vai num restaurante, a comida que você come é do cozinheiro favelado. Você entra num ônibus, quem tá dirigindo é um favelado. Até a manutenção dos aviões que vão pra Brasília é feita pelo favelado que você não confia. É muito hipócrita tudo isso.

Roseli Rezk, étudiante.

Sincèrement, mon rêve est de pouvoir partir d’ici.

Meu sonho, sinceramente, é sair daqui.

Ana Maria dos Santos, femme au foyer

Ici on ne vole pas, tout le monde vous connaît, on peut même dormir avec la porte ouverte. Tout le monde connaît tout le monde.

Aqui você não é assaltado, todo mundo te conhece, você pode até dormir de porta aberta. Todo mundo conhece todo mundo.

Oscar Niemeyer, architecte

Je pense que la favela ne devrait pas exister. La ville du futur, une ville plus humaine, c’est tout de même une ville sans favela. Ce qui crée la favela c’est la misère, c’est le capitalisme, c’est l’homme exploité, en survie.

Eu acho que não deviam existir favelas. Uma cidade do futuro, uma cidade mais humana, deveria ser igualitária, sem favelas. O que cria as favelas é a miséria, é o regime capitalista, é o sujeito explorado que não tem condições de vida.

Itamar Silva, IBASE (Institut Brésilien d’Analyse Sociale et Économique)

Les gens des favelas sont venus de tout le Brésil. Ils se sont construit une nouvelle vie. Ils ont construit une ville, une routine communautaire, une nouvelle culture.

Nas favelas, essa gente que chegou de diferentes partes do solo brasileiro, construiu vida, construiu cidade, estabeleceu rotinas comunitárias e produziu cultura a partir de culturas diversas.

Ana Maria Atanasia, femme au foyer

Après les travaux d'urbanisation du programme “Favela-Bairro”, c’est devenu très bien. C’était impraticable et très sale. L’endroit a été valorisé.

Depois das obras do Favela-Bairro (de urbanização) ficou ótimo. Isto era muita pedra, muito sujo. O lugar ficou valorizado.

Chris Moller, S333 Architecture+Urbanism.

Les mécanismes du développement urbain sont souvent brutaux. Les processus utilisés pour régénérer les villes à court terme ne conviennent qu’à ceux qui les promeuvent - politiciens et concepteurs - aux dépens de ceux qui doivent y vivre et y travailler.

Os mecanismos do desenvolvimento urbano são normalmente brutais. Os processos utilizados para intervir nas cidades, de curto prazo, convém a quem os promove - políticos e planejadores - às custas daqueles que precisam viver e trabalhar nas cidades.

The favelas of Rio provide a rich and immensely challenging context to reflect on some of the most pressing issues of contemporary urbanism, beyond the metropolises of the developing world: questions of physical fragmentation, social exclusion, irregularity, citizenship, identity and political participation, are all posed in an extreme form.

Jailson de Souza e Silva, Observatório de Favelas do Rio de Janeiro

Il devient nécessaire de définir des nouvelles formes de reconnaissance de la favela et des pratiques sociales de ceux qui y habitent. Quand nous parlons de favela, de qui parlons-nous?

Faz-se obrigatório, em primeiro lugar, definir novas formas de reconhecimento da favela e sobre as práticas sociais dos residentes. Quando falamos de Favelas, estamos falando do que e de quem?

Eron dos Santos, éducateur

Pendant les dernières années, peu de choses ont changé. Cependant les pouvoirs publics ont vraiment effectué des investissements pour urbaniser les favelas.

Nestes 20 anos muito pouca coisa mudou, mas realmente houve maior investimento do poder público na área de infra-estrutura.

Adão dos Santos, designer

Cette histoire de droits... Que tous aient le droit de circuler librement dans une favela, c’est trop pour la police... Le seul droit que j’ai, c’est de ne pas me tromper. C’est de marcher droit.

Essa história de direitos...direito de ir e vir é muito pra polícia...o direito que eu tenho é de não errar. É de andar na linha.

Sérgio Magalhães, responsable de la mise en place du programme Favela-Bairro

Je suis convaincu que si nous, architectes, avons contribué à la destruction des villes en imposant “l’anti-ville” moderniste comme un grand pas dans l’évolution urbaine, nous pouvons aujourd’hui collaborer à la révision de ces concepts destructurants en réfléchissant à un nouvel ordre d’idées. Il faut redonner une singularité à nos villes !

Estou seguro de que nós, arquitetos, se contribuímos para a destruição das cidades ao introduzirmos a anti-cidade modernista, hoje podemos colaborar para a revisão destes conceitos desestrurantes e contribuir para uma nova ordem de idéias. É preciso re-singularizar nossas cidades!

Marta Porto, journaliste

Dans les favelas, les opportunités de s’en sortir tiennent au talent individuel qui se révèle particulièrement dans les domaines de la musique, de la danse ou du foot. La chance vient rarement par la voie démocratique.

As favelas permanecem como territórios que se sobressaem através do talento com a música, com a dança ou com a bola. Nunca pela ação política e ordenada de uma sociedade que luta por uma democracia que estenda a todos o direito a educação, a saúde, a justiça e claro, a cultura.

Eron dos Santos, éducateur

Ce qui sépare les gens, ce sont les préjugés. Il y en a aussi dans les favelas.

O que divide é o preconceito. Existe preconceito dentro da própria comunidade.

Luciano Vidigal, directeur de cinema, groupe Nós do Morro

La favela n’est pas un jardin zoologique; nous ne sommes pas des animaux ni des pauvres malheureux. Nous sommes des êtres humainset nous devons pouvoir accéder aux opportunités de la vie.

A favela não é um jardim zoológico, nós não somos bichos e nem pobres coitados.
Somos seres humanos e precisamos de acesso à informação e oportunidades de vida.

Augusto Boal, fondateur du Théâtre de l'Opprimé

Je ne défends pas l'architecture de la favela, mais il faut comprendre que ces constructions, même précaires, expriment les nécessités et les désirs de leurs habitants. Malgré leurs misérables moyens.

Eu não estou defendendo a arquitetura da favela, que é ruim. Mas é ruim pela pobreza e miséria. As construções que eles fazem, embora precárias, expressam a necessidade e o desejo deles naquele local e com aqueles meios.

Alex Augusto Silva, photographe

Ici, tout le monde a déjà voulu être trafiquant de drogue. Ça se comprend, quand tu vois un copain de ton âge et de ta taille, avec qui tu joues au foot, avec les chaussures que tu voudrais avoir... Les organisations clandestines n’ont aucune difficulté à trouver de la main d’oeuvre.

Todo mundo aqui já quis ser traficante. Pô, você vê seu amigo, que jogava bola contigo, da sua idade, do seu tamanho, com o tênis que você queria ter... O tráfico não precisa chamar ninguém pra trabalhar.

Josefa Ermínia, aposentada

Les escaliers étaient faits de planches, les maisons étaient en bois, le sol en terre battue. Ça s’est beaucoup amélioré! C’est la ville. C’est devenu une ville.

As escadarias eram de tábuas. As casas eram de pau, o chão era de barro. Melhorou bastante! Tá uma cidade! Agora virou a cidade! Não tinha nada. Agora tá uma maravilha.

Paulo Knauss, Président de l'ONG Enda Brasil et Université Fédérale Fluminense

À cause du manque d’espace individuel, les vies se rapprochent. Une porte ou une fenêtre ne séparent pas, elles communiquent. Maison et rue se confondent.

As vidas se aproximam na falta de espaço individual. A janela leva a casa para dentro da rua, a porta não separa, comunica. A casa e a rua se confundem.

Eron dos Santos, éducateur

Dans la favela on ne sait pas si on est propriétaire de sa maison ou si on va en être chassé demain.

Você não sabe se, na favela, é dono da tua casa ou se vai ser desapropriado. Você não sabe se hoje está aqui ou vai ter que ir embora.

Roseli Rezk, étudiante.

La favela est mauvaise, mais pas tant que ça, on peut y vivre.

O morro é ruim, mas também não é tão ruim assim, dá pra morar.

Adão dos Santos, designer

Ce qui manque dans les favelas, ce sont des projets. Il faut mobiliser le plus de gens possible pour participer à l’invention de solutions aux problèmes communs.

O que falta na favela são projetos. Ter mais gente que participe que crie oportunidades senão o sujeito fica desocupado e aí já viu...

Suênia medeiros, estudante.

Je travaille pour pouvoir payer mes études, pour pouvoir dire un jour : “J’ai vécu dans la favela et aujourd’hui je n’y vis plus”.

Eu trabalho pra poder ter meu estudo pra um dia : “dizer eu morei no morro e hoje eu não moro mais”.

Mariana, 7 ans

C‘est très amusant de vivre ici, il y a beaucoup de choses. La balançoire, le jeu à bascule, le toboggan.

Gosto de morar, pq aqui é muito divertido, tem muitas coisas. Balanço, gangorra, escorrego.

Augusto Boal, fondateur du Théâtre de l’Opprimé

Il ne faut pas essayer d’embellir la favela par la musique ou des films qui sont faits par ceux qui vivent au bord de la mer. La favela est laide, insalubre comme le Paris du Moyen-Âge : elle pue. Il faut que la Mairie aide ses habitants, en engageant les travaux nécessaires à son assainissement, au lieu de ne compter que sur leur capacité à créer, même si elle est étonnante...

o perigo é glamourizar a favela, tudo o que tem sobre a favela: música, filmes, em geral glamouriza, como se aquilo fosse bom, e aquilo não é bom, mas agente não vai culpabilizar a favela, a favela não tem culpa.

Eron dos Santos, éducateur

Dans le temps, dix personnes se mettaient ensemble pour monter une maison. Un jour pour l’un, un jour pour l’autre. L’avantage des communautés c’est qu’il y a une très grande solidarité. Évidemment, il n’y avait pas de projet, c’était une favela. Maintenant au moins ce n’est plus en bois.

Um grupo de dez pessoas levantava uma casa em muito pouco tempo. Hoje construía a de um, amanhã a de outro. O legal da comunidade é isto, tem uma união muito grande. Claro que não havia um projeto, era uma favela. Só que já não era mais de madeira.

Tatiana dos Santos, étudiante

Ce que je n’aime pas ici, dans la favela, c’est que personne ne comprend personne. Cela crée beaucoup de confusions, de bagarres et de violence.

O que eu não gosto é que aqui ninguém entende ninguém, gera briga, violência, confusão. Na minha escola, todo mundo entende todo mundo.

Eron dos Santos, éducateur

Certains problèmes sont mondiaux.
Ils ne concernent pas seulement le Brésil.

O problema é de ambito mundial, não só do Brasil, isto tem que ser mostrado.

Suênia Medeiros, estudante.

Je trouve que la favela a une image moche, brutale.

Eu acho que a favela tem uma imagem feia, uma imagem bruta.

Ana Lúcia Nascimento, femme au foyer

La favela a beaucoup changé. Quand je suis venue ici, ce n’était pas comme ça, il y avait plein de cabanes faites de planches. De nos jours, il y a plus de maisons en brique. Je trouve que la vie s’est améliorée.

O morro mudou muito, quando eu vim pra cá ele não era desse jeito, tinha mais barracos de tábuas, hoje em dia tem mais casas de tijolo. A vida, acho que foi melhorando um pouco.

Lú Petersen, Cellule Urbaine de la Mairie de Rio de Janeiro

Dans un avenir proche, il est possible que la favela Morro da Providência fasse finalement une partie intégrante de l’important patrimoine historique et culturel de la ville.

Em futuro muito próximo o Morro da Providencia será finalmente parte integrante de um importante patrimônio histórico e cultural da cidade.

Ana Lúcia Nascimento, femme au foyer

ll y en a beaucoup qui n’aiment pas dire qu’ils habitent ici, mais moi je le dis.

Têm muitos que não gostam de falar que moram aqui, mas eu falo.

Pedro Branco, Président de l’ONG Sparta

La lutte des Brésiliens n’est pas ce que l’on voit à la télé. La télé ne montre que le Christ, le Pain de Sucre, les plages.

A luta dos brasileiros não é o que passa na televisão. Na televisão só passa Cristo Redentor, Pão de Açúcar, as praias.